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Hocine Ait Ahmed au VIIIe Congrès du Parti du progrès et du Socialisme/ Bouznika (Maroc) – 29 mai 2010

Posté par FFS le 5 octobre 2010

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Discours de Hocine Ait Ahmed

au VIIIe Congrès du Parti du progrès et du Socialisme

Bouznika (Maroc) – 29 mai 2010

 

 

Chers camarades,

C’est pour moi un grand plaisir et un honneur de partager avec vous ces quelques moments de
réflexion et de débat politique.

Je serai bref. L’inflation de discours dans un contexte maghrébin aux promesses fabuleuses mais aux
réalisations bien maigres a grandement contribué à dénaturer, dans l’écart qui se creuse entre le
verbe et le geste, la vraie portée du politique.

Le militant politique n’est pas un faiseur de miracles. Ni un gladiateur des temps modernes. Il est, au
mieux et quand les conditions de sa société le permettent, un citoyen conscient des enjeux du
moment.

Je dis, quand les conditions de sa société le permettent, car pour un militant politique l’essentiel
consiste à être ancré dans sa société sans pour autant se laisser enfermer dans les limites de cette
dernière.

Or, en matière de conscience et de luttes politiques, des vies entières de militantisme se sont
réduites à expliquer ce que militer veut dire.

Entre des archaïsmes, que l’adoption des nouvelles technologies croit pouvoir masquer
judicieusement, et la loi d’airain d’un monde sans pitié pour les faibles, militer pour un monde
meilleur, ici et maintenant, passe par une douloureuse et constante explication.

Explication, sans cesse repoussée, par des pouvoirs politiques que leurs choix enchainent à des
postures autoritaires puis répressives puis carrément hostiles à l’égard de sociétés qu’ils ne
cherchent même plus à comprendre.

Explication biaisée, au sein même de nos sociétés, où elle finit par se confondre avec la longue litanie
de tout ce qu’il faudrait changer autour de nous et qui oublie de commencer par ce qui doit changer
en nous.

Chers camarades et amis,

Nous connaissons nos maux : sous-développement politique, économique et culturel. Nous
connaissons, ou croyons connaitre, la solution : Le développement, la démocratie, la transformation
de nos moeurs politiques…

Mais une vie entière de militantisme se résume souvent à chercher, chaque jour, le meilleur moyen
de tisser des liens entre les mots et les gestes.
Chers camarades, chers amis,

C’est en militant optimiste, quant aux possibilités que recèle notre beau Maghreb pour se frayer une
place dans le monde de demain, que je vous exprime mon inquiétude de voir s’accumuler les signes
de la régression régionale au moment où se redessinent les rapports internationaux.

Alors que des nations s’imposent sur la scène internationale sous le mot magique de pays émergents.
Alors que ces nations, comme l’Inde, le Brésil, la Turquie ou l’Iran viennent disputer aux anciennes
puissances coloniales et à l’hyper-puissance américaine le droit de régenter le monde, nous donnons
encore l’image de tribus qui se cherchent sans cesse querelle et en appellent à l’arbitrage, voire à la
protection, de ceux là mêmes auxquels les nations qui ont relevé les défis de la modernité contestent
la conduite du monde.

Chers camarades, chers amis,

Nous avons, certes, connu des moments plus durs par le passé, mais les temps qui viennent, s’ils ne
sont pas abordés avec la lucidité et le sérieux qu’ils nécessitent, risquent de nous laisser en marge de
l’histoire du monde.

Un monde où la lutte pour les ressources, pour la puissance, pour la vie tout simplement se ferra au
profit des nations qui participent à l’écriture de l’Histoire du monde et au détriment des nations en
marge de cette histoire.

Une partie importante de nos élites a déjà déserté la bataille collective pour un Maghreb fort,
démocratique et uni dans la conquête de ses intérêts.

Ceci n’est pas nouveau dans notre histoire.

Ce qui serait nouveau serait de réussir à repousser nos atavismes meurtriers, nos égoïsmes plus
tribaux que nationaux et cette sorte de fatalisme qui nous pousse à accepter le pire quand le mieux
nous semble trop lourd à porter.

Je vous ai dit que j’allais être bref, je vais donc m’arrêter là, pour l’instant en vous souhaitant le
meilleur pour la conduite de vos travaux.

Après, si vous le souhaitez, nous pourrons parler d’avenir.

Hocine Ait Ahmed

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ALGERIE/GHARDAIA/Procès de militants du FFS et de défenseurs des Droit humains à Ghardaia

Posté par FFS le 16 décembre 2009

Lettre de Hocine Aït Ahmed, Président du Front des Forces Socialistes, à madame Navanethem Pillay, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme


Alerte pour une région particulièrement sous pression, dans un pays en détresse démocratique !

Depuis des semaines le Pouvoir algérien mène campagne en faveur de la militante sahraoui Aminata Haidar tant sur la scène internationale que dans les médias publics et privés algériens. Pour ce faire il n’hésite pas à mettre dans la gène ses partenaires européens à l’instar de l’Espagne accusée de tous les maux.

Ceci aurait été tout à son honneur si le souci du pouvoir algérien avait été le respect des droits des peuples et particulièrement le respect de la personne humaine et la protection des défenseurs des Droits de l’Homme.

Or, il n’en est rien !

Depuis des années c’est dans le silence complice des plus grandes démocraties du monde que le peuple algérien est empêché de s’exprimer librement. Médias sous contrôle, espace public monopolisé, société atomisée et mise sous pression policière permanente.

Le plus scandaleux reste néanmoins le traitement réservé aux militants pour la démocratie et aux défenseurs des Droits de l’Homme. Le cas de notre militant à Ghardaïa, Kamel Eddine Fekhar, est à cet égard des plus emblématiques.

Alors que les ambassades européennes sont mises sous le contrôle quasi exclusif des créatures du régime, de véritables militants des Droits de l’homme souffrent, en plus du harcèlement policier, administratif et judiciaire permanent que leur inflige le Pouvoir, de l’indifférence des représentations diplomatiques de l’union européenne !

Pourtant des accords internationaux lient l’Algérie à ses partenaires qui l’engagent à respecter les Droits de l’Homme et à protéger les Défenseurs des Droits de l’Homme !

Or, il n’en est rien !

Et si le non respect par l’Algérie de ses engagements internationaux en matière de Droits de l’Homme n’est en rien une surprise, c’est avec consternation que les citoyens algériens soucieux de Démocratie et de respect des Droits de l’homme et en particulier les Défenseurs des Droits de l’Homme constatent la démission des européens en matière de défense des militants et des défenseurs des Droits de l’Homme par crainte des représailles d’un régime qui use de chantage et de grossières manœuvres d’intimidation dont on peut comprendre l’impact sur une population sans recours mais dont l’efficacité sur les grandes démocraties occidentales est scandaleuse !

Nous avons l’intime conviction que seule la convergence des efforts des peuples épris de démocratie et des Démocraties véritables que peut s’opérer le changement vers plus de Paix, de sécurité et de démocratie dans le monde.
Et c’est pour cela que nos attirons avec insistance votre attention sur le sort de nos amis de Ghardaïa et plus particulièrement sur celui du docteur Fekhar soumis à des pressions intolérables et à un traitement indigne.

Avec l’espoir que nous pourrons trouver auprès de vous les preuves d’une solidarité effective avec les défenseurs des Droits de l’Homme et de la démocratie.

Hocine Ait Ahmed

Lausanne, le 9 décembre 2009

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ALGERIE / LE FRONT DES FORCES SOCIALISTES

Posté par FFS le 5 novembre 2009

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F.F.S /UN PROJET,UNE ALTERNATIVE ET UN ESPOIR

Posté par FFS le 5 novembre 2009

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Lettre de Hocine Aït Ahmed à Mostefa Bouchachi, Président de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) à l’occasion de la rencontre nationale pour l’abolition de la peine de mort tenue à Alger, le 10 octobre 2009.

Posté par FFS le 19 octobre 2009

11/10/2009

Constitution de la Coalition algérienne pour l’abolition de la peine de mort

Lettre de Hocine Aït Ahmed à Mostefa Bouchachi, Président de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) à l’occasion de la rencontre nationale pour l’abolition de la peine de mort tenue à Alger, le 10 octobre 2009.


Cher ami, 
Salams, salams !

Je rends hommage à la dignité de votre refus de passer outre l’interdiction par les dominateurs de la conférence sur l’abolition de la peine de mort… d’autant qu’elle coincide avec la célébration de la journée mondiale POUR l’interdiction de la peine de mort le 1O octobre. 

Il est vrai que l’escroquerie démocratique dont se targuent les dignitaires du négationisme « patriotard » trouvent normal que le peuple algérien, les Algériennes et les Algériens, qui, pendant la guerre de libération ont été les véritables artisans de la solidarité l’internationale et de l’indépendance… et qui furent la fierté et l’inspiration révolutionnaire aux peuples du Monde en Tiers, soient, depuis près d’un demi siècle, réduits au terrible ghetto d’un nouvel indigénat du deuxième collége. Depuis près d’un demi siècle, pas un souffle de dignité chez les dignitaires libérateurs-dominateurs.
Avec mes voeux de réussite et mes salutations militantes.

Hocine. 

 

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Hocine AIT AHMED à la conférence de Association pour la défense du Droit International humanitaire

Posté par FFS le 19 octobre 2009

Hocine AIT AHMED à la conférence de Association pour la défense du Droit International humanitaire dans LE PARTI FFS doc 21/09/2009

Texte de l’intervention à la Conférence Internationale « Droit international : Etats puissants et mouvements de résistance » tenue à Paris à l’Assemblée nationale les 18 et 19 septembre 2009.


Si le droit du plus fort et, à fortiori sa raison, n’avaient pas été l’amère réalité de notre monde, en politique encore plus qu’ailleurs, nous n’aurions peut être pas été amenés à ajouter le terme « humanitaire » à celui de Droit.

Même imparfait, le Droit, semblait jusqu’au siècle passé constituer par lui-même et en lui-même une barrière contre la barbarie. Tous nos combats, qu’il s’agisse de la lutte pour l’Indépendance nationale ou des luttes pour la démocratie, nos combats ont eu pour moteur la revendication du Droit ; droit des peuples, droits de la personne humaine. 

Mais le mot en lui-même, qu’il recouvre une lutte nationale ou une lutte sectorielle, le mot Droit avait, probablement à tort, une dignité en soi qui rejaillissait sur ceux qui en réclamaient sinon le rétablissement du moins l’instauration.

Mon propos n’est pas de développer une réflexion sur le Droit mais ma modeste expérience de militant pour l’Indépendance nationale puis celle de militant pour la démocratie m’ont enseigné un certain nombre de choses que j’aimerais partager ici avec vous.

Face aux puissances coloniales et à leurs complicités, ni le droit international, ni le droit international humanitaire ne pouvaient être respectés et mis en œuvre.

En Algérie, c’est en 1956, en pleine guerre, qu’au Congrès de la Soummam les délégations militantes des différentes wilayas du pays ont pris conscience de l’impératif stratégique et urgent de renforcer à outrance les actions diplomatiques et de communication. Il s’agissait de mobiliser des actes de solidarité internationale avec l’Algérie combattante et de soutien des institutions onusiennes. Ces tâches s’imposaient face à des entreprises guerrières d’extermination et à des violations du droit international impunies.

Le peuple algérien, comme d’autres, n’avait pas oublié l’impact gigantesque exercé par la Conférence de Bandung sur l’accélération des phénomènes de décolonisation. Force est de constater que les résolutions adoptées par le congrès de la Soummam sur l’internationalisation du conflit algéro-français et sur le soutien solidaire des peuples du monde en tiers à la nation algérienne sont adoptées aux côtés de deux résolutions fondamentales : l’une qui consacre  » la primauté du politique sur le militaire « , l’autre qui impose  » le principe de la collégialité « , garant d’une cohérence démocratique et d’une cohésion politique. 
D’autant que la composition pluraliste de ce congrès historique avait jeté les bases d’un consensus national, avec pour évolutions positives, d’abord de prendre de vitesse et de faire échec aux tentatives de division et de récupération des élites attentistes par le nouveau Gouverneur Soustelle. 

Plus importante et décisive cette ébauche de consensus, allait mettre en branle une dynamique révolutionnaire au sens politique, démocratique, rationnel et réaliste. Pour ne pas dire pragmatique et non pas au sens de slogan populiste. Elle préparera la renaissance de la dawla – l’Etat – grâce à la légitimation populaire du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne, le GPRA.

Du reste dans les mémoires remis notamment aux Nations Unies, nous avions mis en évidence le fait que les autorités algériennes battues par les expéditions coloniales n’avaient jamais concédé ni la souveraineté de l’Etat ni ses prérogatives, comme ce fut le cas au Maroc et en Tunisie qui avaient signé les traités du Protectorat. 

Quant à la souveraineté de l’Etat algérien, elle n’avait pas disparu, n’en déplaise au droit impérialiste imposé à l’humanité. Elle s’est réfugiée dans le peuple algérien ; et chaque fois qu’il pouvait aller aux urnes, depuis la fin de la première guerre mondiale, se prononçait clairement pour la liberté et l’indépendance de son pays, défiant, fraudes et répressions sauvages.

Le GPRA a symbolisé le respect des droits humains et du droit humanitaire en dépit de l’état de guerre. C’est le premier et dernier gouvernement algérien pluraliste et démocratique.

Il ne cessait de rappeler à l’ordre l’Etat Major des Frontières pour condamner les violations des droits humains et dénonçait avec fermeté les liquidations sans justice et les emprisonnements arbitraires parmi les compatriotes commis sur les sols marocain et tunisien. 

Par ailleurs, à propos du sort des prisonniers français, le GPRA s’est opposé à ce qu’ils soient abattus. C’était pour lui une décision humaniste mais surtout une manière de jouer le jeu de la légalité internationale et d’asseoir le prestige de la révolution en faisant respecter les normes de droit international humanitaire, alors que l’armée coloniale qui se targuait de comportements civilisés, continuait à défier la communauté internationale en poursuivant la stratégie des crimes de guerre et des crimes contre l’Humanité.

Une fois l’indépendance proclamée, toutes les stratégies qui avaient contribué à la victoire de la révolution algérienne contre le colonialisme français on été détournées de leur but initial qui était : la liberté pour la souveraineté du peuple, pour devenir les instruments d’un régime de domination impitoyable.

La solidarité internationale avec l’Algérie combattante est devenue complicité internationale avec le régime. Le soutien des institutions onusiennes est passé du peuple en lutte au régime en place.

De même les résolutions du Congrès de la Soummam ont été foulées au pied ;

- 

La primauté du politique sur le militaire

- Le principe de collégialité

- La cohérence démocratique

- La cohésion politique

- Le pluralisme effectif et le consensus national.

Tout ceci avec en prime pour le pouvoir Algérien d’avoir réussi là où Soustelle a échoué : La division et la récupération des élites.

Deux exemples tirés de l’actualité – à la fois française et algérienne : l’affaire Mécili devenue l’affaire Hasseni et l’affaire des moines de Tibehirine.

Ces deux affaires montrent clairement que pour l’assassinat d’un opposant politique comme pour le massacre des moines, la collusion des intérêts a prévalu sur le Droit. Si on leur ajoute les massacres à grande échelle des années 1997/1998 sur lesquels un odieux silence s’est abattu, on prend la mesure de la folie criminelle que déclenche l’abandon du Droit.

On ne peut que conclure d’une part, que le Droit humanitaire peut s’imposer y compris lors d’une guerre d’Indépendance particulièrement violente, quand les peuples et les militants politiques croient encore en la possibilité de la restauration du Droit. Conviction qui leur vient du contexte politique international et non de leur horrible vécu sous la domination.

Et d’autre part qu’un contexte politique international où la complicité entre régimes et entre Etat se fait sur le dos du Droit à coup de manœuvres criminelles, de dissimulation et de propagande ne peut que conduire au désespoir des peuples et des cadres politiques dont ils accouchent.

Comme c’est le cas dans la plupart des conflits actuels, en Palestine, en Irak, en Afghanistan ou en Somalie.

C’est la négation, sur la scène internationale, des principes démocratiques les plus élémentaires. C’est le non-respect du Droit international par les puissants dans leurs pratiques (publiques ou secrètes) et dans le soutien qu’ils apportent à des régimes qui eux-mêmes violent les droits de leurs propres peuples.

C’est dans cette triste réalité que le Droit Humanitaire est appelé à la rescousse !

Tellement nécessaire aux luttes du passé en attirant le regard et la solidarité en direction des peuples en lutte, n’est-il pas en train d’être dévoyé ?

Maintenant que des Etats en ont fait un élément de domination -parmi d’autres – dans leur stratégie de domination, le Droit humanitaire a t-il encore une chance de se faire entendre en dehors de ces stratégies de domination et d’agression ?

Je vous remercie.

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Une élection contre le changement – Par Hocine Aït Ahmed

Posté par FFS le 10 avril 2009

Le peuple algérien est convié à se rendre aux urnes pour « élire » un président qui s’est assuré une victoire sans risques. C’est une évidence pour l’écrasante majorité aussi bien des algériens que des observateurs étrangers, le résultat de l’élection présidentielle du 9 avril prochain ne fait pas de doute. Bouteflika et ses sponsors se sont assurés une victoire sans risques et sans surprises. Sans risque démocratique, sans risque de voir l’urne révéler le nom de l’élu, comme cela se fait en démocratie au terme d’une campagne, d’une élection et d’un dépouillement honorables.

Les autres risques encourus par le pays et non plus par le seul régime : déroute politique, économique et morale qui découlent des choix désastreux opérés par une oligarchie militaro-marchande déterminée à spolier le peuple algérien de ses droits et de ses richesses, ces risques-là, Bouteflika et ceux qui l’ont adoubé aux commandes du pays ne les voient pas. Plus grave, ils s’en accommodent.

Bouteflika et ses sponsors militaires et milliardaires sont, il est vrai, encouragés dans cette voie par leurs partenaires internationaux. Ces derniers trouvent leur compte en faisant commerce avec un régime plus soucieux de faire plaisir à des réseaux d’affaires influents sur la scène internationale qu’à remplir ses obligations à l’égard de son peuple.

L’histoire moderne des algériens est une succession de luttes contre toutes les multiples formes de la domination qui s’est imposée sous les visages successifs du colonialisme, de la dictature autoritariste et maintenant d’un despotisme de moins en moins soucieux de masquer sa nature. Une nature brutale qui transparaît dans l’outrance. Avec une débauche de moyens pour Bouteflika déguisé en « candidat » et en « indépendant », dans une partition jouée d’avance avec l’argent et les institutions de l’Etat mis au service d’un homme qui incarne la pérennité du système. Un système honni par les algériens qui paient jour après jour le prix de cette longévité.

On le voit clairement pour cette élection avec la convocation du plus indigent des folklores en guise de liesse populaire et d’un encadrement administratif et policier de la population digne des pires républiques bananières. On le voit également dans le carnaval prétendument pluraliste qui sert de façade et qui ne tient lui-même que grâce aux milliards puisés dans les caisses du pays et distribués à une clientèle avide de prébendes. 

Prise en étau en pauvreté et répression, la société algérienne peine à résister à l’effondrement moral. Un simple coup d’œil sur les cinquante dernières années renseigne sur les souffrances endurées et les sacrifices consentis par un peuple dont la patience a rarement rencontré la sagesse chez ses oppresseurs.

Il est de bon ton, en ces jours sombres pour des pans entiers de l’humanité confrontés à la dureté des prédateurs économiques, politiques et militaires, de reprocher aux peuples la longévité des régimes qui les oppriment. Rappelons alors avec l’exemple de l’Algérie contemporaine à quel prix se maintiennent les prédateurs à la tête des nations et où ils les mènent. 200.000 morts, des milliers de disparus, des millions de déplacés et des milliards de dollars investis dans le seul «  maquillage » du crime en tragédie. C’est le bilan de la seule décennie 90 et sa sale guerre que Bouteflika est venu maquiller en sale paix depuis 1999. De même que Bouteflika a eu pour mission de maquiller la déroute politique et morale en « moindre mal » en martelant que la paix est de retour. Tandis que l’horreur qui a diminué sur le terrain de la guerre, sans pour autant disparaître, se redéploie en criminalité tous azimuts et en violence économique.

Ceci ne doit pas nous dédouaner en tant qu’algériens, de toutes obédiences mais unis par un même souci de démocratie, de liberté et de justice, de faire nos bilans respectifs et d’assumer notre part de responsabilité dans la trop longue durée de chacun de ces épisodes de domination.

A la veille de ce énième viol du droit des algériens à l’autodétermination, de ce énième viol des promesses de l’indépendance et de ce énième mensonge que sont ces élections présidentielles destinées à pérenniser un régime de prédation, il n’est pas inutile de rappeler que l’ordre mondial qui a permis à une oligarchie corrompue de trouver les alliances utiles à son maintien est en train de changer sous la pression de sociétés qui n’en peuvent plus des mensonges et de l’arrogance que cet ordre a portés et maintenus au mépris de toutes les avancées de l’Humanité.

Qu’on cesse alors de regarder les algériens (ainsi que d’autres peuples de l’aire musulmane du reste) sous le seul prisme déformant de la lutte anti-terroriste ou de la « menace islamiste ». Là où leurs droits sont piétinés, leur dignité bafouée, leurs vies réduites à un simulacre de survie végétative, tous les peuples du monde ont le droit et le devoir de résister à leurs oppresseurs.

Malgré le décors Potemkine dans lequel excelle ce régime qui ne craint par ailleurs ni le crime d’Etat ni le viol de toutes les lois qu’il promulgue lui-même, malgré la persistance de divergences sévères au sein de l’élite algérienne sur les voies et moyens d’en finir avec cette insupportable agonie, des voix, chaque jour plus nombreuses, plus précises, plus rigoureuses se joignent à la longue marche de la protestation algérienne pour lui faire emprunter les chemins du changement démocratique et pacifique.

Cette victoire si difficile, contre les atavismes de tous bords, les sectarismes, l’enfermement idéologique et la manipulation des divers clans du pouvoir ; cette victoire qui consisterait en une véritable construction démocratique, les algériens ont compris qu’ils doivent d’abord la remporter sur eux-mêmes.

Cela le pouvoir n’y pourra rien changer. Un cap a été franchi sur le chemin de la maturité politique. Tant au sein de l’élite que de la société.

Désormais, patriotisme ne rime plus avec soumission au régime mais avec changement ! Un changement que la société appelle de toutes ses forces et vers lequel nos énergies doivent converger.

H.A.A

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UN COMPROMIS POUR LA PAIX »- Madrid 29 novembre 1994

Posté par FFS le 18 janvier 2009

« Si la vie et la liberté sont sacrées pour tous, si la paix est la condition sine qua non pour les préserver partout, alors que vos intelligences cessent d’être bloquées par une vision manichéenne de mon pays et que vos consciences s’ouvrent sans discrimination sur un peuple pris en otage par l’étau militaro-islamiste de la violence. »

Hocine AIT AHMED à l’université d’ALACALA à Madrid, le 29 novembre 1994, lors de l’une des Rencontre des trois religions monothéistes.

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UN COMPROMIS POUR LA PAIX – Madrid 29 novembre 1994

Posté par FFS le 18 janvier 2009

« Il est encore temps d’éviter la politique du pire. Une solution pacifique et démocratique est toujours à la portée des Algériennes et des Algériens. N’oublier pas que la grande majorité de la population rejette la violence et le terrorisme d’où qu’ils viennent. »

Hocine AIT AHMED à l’université d’ALACALA à Madrid, le 29 novembre 1994, lors de l’une des Rencontre des trois religions monothéistes.

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DECLARATION DE HOCINE AÏT AHMED AU B.I.T

Posté par FFS le 18 janvier 2009

« Quand la mauvaise gouvernance est à ce point conjuguée à l’injustice, au mépris et à la brutalité, c’est le pouvoir qui met la violence au cœur des rapports sociaux. »

DECLARATION DE HOCINE AÏT AHMED AU B.I.T 06/06/2005

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